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Review of a performance at O’ Milan on CULTWEEK (IT)

Uncategorized December 20, 2014

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Musicalità dell’acqua

I ritmi esotici dei virtuosi del rajasthan indussero Tomoko Sauvage, artista giapponese residente a Parigi, a riprodurre domesticamente le complesse percussioni di quella musica, in primis lo jalatharangam, un antico strumento sfruttato da secoli nel culto indiano e costituito da vasi di porcellana di diverse dimensioni e variamente riempiti d’acqua. «Progressivamente fui affascinata dal suono dell’acqua, dal vibrato delle sue onde, dal contatto con la stessa»: dichiara, come sedotta da uno stato di regressione alla natura, che più si accostava all’essenzialità di quegli strumenti e di quella musica, più ne comprendeva la forza.

Il complesso dispositivo che la Sauvage gestisce durante le sue performance è costituito da una serie di recipienti in porcellana, dentro ai quali sono immersi degli idrofoni – un modello speciale di microfono resistente ai liquidi. Spostando masse d’acqua da un recipiente all’altro, i suoi gesti determinano dei movimenti percepiti e amplificati dai microfoni: al loro interno il segnale si alimenta da sé generando un feedback, quel miracolo dell’elettronica per cui il suono cresce autonomamente e casualmente.

Se il sistema che l’artista giapponese ha studiato per la sua musica si basa su complessi fenomeni fisici, la sua performance – avvenuta il 5 dicembre allo spazio O’,  dedicato alle arti sonore, nell’ambito delle Variable Series – richiama elementi simbolici efficaci.

La galleria è buia e piena di gente, al fondo della sala Tomoko Sauvage siede di fronte alle sue porcellane, illuminata da una luce che proietta i riflessi di quei liquidi alle sue spalle. Dall’alto di due aste che incorniciano la sua figura pendono alcuni bichieri dai quali, alternate, cadono nei vasi delle giocce d’acqua. Con i suoi gesti produce e stratifica i suoni. Registrazioni d’ambiente immergono la performance in vaghi spazi naturali.

Risulta inevitabile associare l’evento ai riti orientali dai quali l’artista ha tratto ispirazione. La compresenza dell’acqua e del dispositivo elettronico chiama in causa l’integrazione dei processi naturali all’interno dell’artificio compositivo: sorge immediato il riferimento a John Cage, che ha introdotto il caso nella produzione musicale.

Ciò che affascina nella performance di Tomoko Sauvage è la sua propensione ad abbattere i limiti tra artificio e natura, facendo del suo spettacolo una sorta di culto religioso che dalla natura e dalla sua imprevedibilità trae motivazione.

Tomoko Sauvage per Variable Series all’O

Review of City Sonic by Desartsonnants (FR)

Uncategorized December 20, 2014

TOMOKO SAUVAGE – CITY SONIC 2014 PORCELAINE QUI CHANTE

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Tomoko Sauvage, artiste franco japonaise, joue avec l’eau, la glace, le larsen, la céramique… Elle nous explique comment le son d’un instrument sonne tellement différemment ici ou là, par exemple au Japon et en France. Comment l’humidité ambiante peut faconner un son, ou le desservir, l’apauvrir. Comment d’une culture à l’autre, la musique, le son, sont modelés par le geste, l’objet sonnant, la matière, l’instrument, et bien sûr la posture, la philosophie du joueur…. Comment elle a choisi, à l’aune de ses multiples expériences dans différents pays, de faire chanter des bols de porcelaine, et des gouttes d’eau fondant de glaçons suspendus…

Le croisement transculturel se perçoit nettement dans le travail de Tomoko, dans sa façon d’en parler, de jouer avec l’eau, dans une position contemplative qui laisse à la matière sonore le temps de se développer, de nuancer des nappes sonores qu’on imaginerait volontiers dans un jardin zen.

Entre concert aquatique et électroacoustique, performance tissée d’une musique improvisée, installation sonore, d’une indéniable beauté plastique, Tomoko tisse un univers envoutant, inouï. J’aurais d’ailleurs eu plaisir à entendre ce travail sonore (et plastique) se développer plus longuement à City Sonic, pour m’immerger plus profondément dans des ambiances apaisantes autant que rafraîchissantes, dans tous les sens du terme.

https://desartsonnants.wordpress.com/2014/09/21/festival-darts-sonores-city-sonic-2014-tomoko-sauvage-cristal-qui-chante/

“Ringing dew drops, beneath the waves” TONE festival, UK

Uncategorized September 7, 2014

TONE festival in Chatham, Kent, England (16-22 June, 2014) – link

“Ringing dew drops, beneath the waves” consists of two installations and three performances (including one duo performance with Adrien Silvestre). One of the installations is the first collaborative work with Adrien Silvestre using ice blocks with video images capturing a local submarine “Black Widow”. The underwater recordings of the submarine is also used in the performance.

Tomoko Sauvage realizes for the first time in UK her long-durational performances within her ephemeral installation using water, porcelain bowls and crystal ice. For the TONE festival, she is fully inspired by magical moments of midsummer as well as the local submarine half-immersed in the river. Sauvage has been developing her original instrument ‘waterbowls’, porcelain bowls of water amplified with hydrophones (underwater microphones). In her recent performances, the resonance of the space plays an important role, affecting the vibrations of the water and the air creating feedback finely controlled with water waves and drops. For the TONE festival, performances will be held at dawn and at dusk to make the most of midsummer magic. Sauvage is also particularly touched by the local presence of the enigmatic submarine, “Black Widow” because of the fact that the hydrophones she uses for her music were originally developed to detect submarines during the wars.

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Long-duration performance / installation with waving feedback drones

Uncategorized February 10, 2013

Every room has its own melody. – Alvin Lucier

[EN] Lately I’ve been proposing long-duration performances/ installation for a small – medium room, often in unconventional sites (galleries, museums, warehouses… ideally with natural reverbs). The performance takes place in an installation, which can also operate by itself, and lasts for 3 to 6 hours. I weave organic drones with precisely-tuned warm feedback tones waving with water waves, quite delicate to control with natural overtones resonnating according to the room acoustics (my recent fascination is these super feedback tones). Staying inside this sonic phenomenon allows audience to experience its physical sensation. The performance does not have a beginning nor an ending and audience can come and leave as they like. Below is a video of a long-duration performance in an old industrial plant in Mulhouse, France.

[FR] Je réalise actuellement des performances de longue-durée, dans une petite-moyenne pièce, souvent dans des sites non conventionnels (galeries, musées, friches industrielles… idéalement avec une réverbération naturelle). La performance est une installation au sein de laquelle j’interviens, pour une durée de 3 à 6 heures. Je tisse le drone organique avec le doux feedback (larsen), précisément accordé, qui se balance au grès des vagues d’eau. C’est un jeu de contrôle délicat avec les harmoniques naturelles qui résonnent selon l’acoustique du lieu. Rester à l’intérieur de ce phénomène sonique permet au public d’avoir une expérience physique du son. La performance n’a pas véritablement de début ni de fin, le public étant amené à entrer et sortir durant la performance. Voici une vidéo d’une performance de 6 heures interprétée dans une friche industrielle à Mulhouse.

chronique sur ‘Ombrophilia’ dans le CHRONIC’ART

press, Uncategorized February 10, 2013

De Tomoko Sauvage, on ne sait pas grand chose, sinon qu’elle est japonaise et vit à Paris. Formée d’abord à la musique carnatique et jouant des ragas, elle a développé depuis quelques années son propre instrument, unique et modulable : un jeu de bols de porcelaine de taille variable, remplis d’eau, dont elle joue comme d’une percussion mélodique. Avec cet outil, elle a élaboré Ombrophilia, un premier album d’abord paru sur le label and/OAR, puis réédité en vinyle chez Aposiopèse Éditions. A l’écart des hypes, bien que reliée à quelques traditions occidentales et orientales bien repérables, la musique d’Ombrophilia réconcilie musique concrète et musique ethnique, recherche abstraite et field recording.

Cet instrument est inspiré du jalatharangam, un instrument composé de bols de porcelaine remplis d’eau, qu’on frappe avec des batons de bambou. C’est une sorte de croisement inattendu entre la marimba, le gamelan et le field recording puisque le son de l’eau se mêle constamment à celui du bambou et de la porcelaine. L’instrument de Tomoko n’est pas un calque direct du jalatharangam. Elle l’a plutôt conçu progressivement, de façon à en faire, selon ses mots, un « synthétiseur naturel, un système électro-acoustique qui a recours à des hydrophones (des micro sous-marins) immergés dans des bols de porcelaine de différents formats et remplis d’eau ».

Tomoko raconte la genèse de l’instrument : « J’ai vu un jalatharangam pour la première fois à Paris en février 2006, lors du concert “Nuits indiennes”, où jusqu’au matin, des groupes de musique rajasthani et carnatique s’étaient succédés, mais aussi Terry Riley en personne qui a joué In C. (…) Cette nuit-là, c’était le virtuose Aanayampatti Ganesan. (…) J’ai tout de suite commencé à frapper des bols dans ma cuisine, avec des ustensiles ordinaires. J’ai acheté davantage de bols dans le quartier chinois pour les accorder aux ragas que j’étudiais à cette époque. Au départ, j’improvisais sur de la musique classique indienne, avec un orgue qui me donnait la tonalité du raga comme le fait le tambura. Progressivement, le son de l’eau elle-même m’a fascinée, le vibrato des vagues et le toucher de l’eau – élément auquel je suis attachée depuis toujours. Puis j’ai utilisé des hydrophones pour capturer le son subtil des vagues et des gouttes d’eau qui résonnent dans les bols en porcelaine, la musique en est devenue plus fluide et aléatoire ».

De la percussion rustique bricolée sur des ustensiles de cuisine au système électro-acoustique, il y a quelques pas que Tomoko a franchi entre 2006 et 2008, époque où elle a enregistré les septmorceaux d’Ombrophilia, parfois en plusieurs versions (c’est là qu’on entend le « caractère aléatoire » de la musique qu’elle évoquait). Entre deux, il y a un ensemble de titres où Tomoko capte le son de ses bols depuis l’extérieur, en les frappant avec des fils de fer et des cuillers en bois. Les compositions les plus complexes restent tout de même celles enregistrées avec les hydrophones. Les sonorités y sont mouvantes, changeantes ; elles évoluent de manière instable entre la nappe, la note qui s’évapore peu à peu et le son concret ; elles donnent tout à la fois la sensation d’être immergé dans l’élément liquide, de se tenir à côté et d’écouter la musique avec un casque. Tout un ensemble de gestes à la fois savants, complexes et rudimentaires s’invente pour faire résonner les masses d’eau : toucher sa surface, y immerger des objets, provoquer des vagues dans l’enceinte des bols, laisser tomber des gouttes à la surface de l’eau sont quelques-unes des opérations conçues par Tomoko.

L’ensemble a été monté en multipiste et des field recordings réalisées dans le sud de l’Inde ont été ajoutés, dans lesquels on peut entendre notamment des enregistrements d’Aanayampatti Ganesan. Un peu comme avec les Paysage ornithologiques de Bernard Fort, l’électronique et le montage se font à peine sentir. Transparents, ils n’ont qu’un rôle d’organisation ; ils produisent l’infime écart qui distingue la simple captation de l’écriture. Leur rôle est pourtant essentiel : ils font de la musique enregistrée ici un réseau mystérieux, où des structures apparaissent et disparaissent, se tendent et se distendent, dont le sens s’échappe constamment et qu’on sent dirigé par une logique secrète et impalpable. Cette logique, c’est celle de la matière sonore, exploitée avec discrétion.

Trop de discrétion, peut-être ? Difficile de dire : le dispositif sonore impose sa loi. S’il a quelque chose d’un peu systématique, d’un peu muséal, il fait tout de même entendre l’accord profond qui relie la musicienne à son outil de travail.

Mathias Kusnierzle 10 décembre 2012

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